BOURAS MOHAND TAHAR
L'icône du mouvement ouvrier international
Par Allaoua Kherib
Paris, Le 15 Mai 2013.
Extrait de son ouvrage
" Ath-Immel -Timezrit ou La Tribu des Insoumis".
-Héros du Lock-out des mineurs de Timezrit(1953/1954)-
À ce sujet, retrouvez Allaoua Kherib dans Le Dictionnaire du mouvement ouvrier français Le Maitron avec le concours de Claude Pennetier, chercheur en histoire au CNRS et associé à la direction dudit dictionnaire.
Né à Akabiou, un village de la commune de Timezrit, le 17 septembre 1900 – mort assassiné au sein même de son village au lendemain de l’indépendance, soit le 10 août 1964 lors du soulèvement de la Kabylie contre Ben Bella. Et contrairement à ce qui fut rapporté dans de nombreux articles, voire dans Le Maîtron aussi sous la direction de René Gallissot, feu Bouras Mohand Tahar fut incarcéré en réalité à Bossuet (ex-Daya, une localité non loin de Sidi-Bel-Abbes dans l’ouest algérien, du 22 décembre 1955 au 29 juillet 1961.
Au lendemain de l’indépendance en 1962, il prit les fonctions de Vice-Président de la commune de Timezrit pendant trois mois, puis devint maire de la même commune jusqu’à son assassinat en 1964 à Akabiou, son village natal à Timezrit.
En outre, à la lumière de la lecture des archives et les nombreuses analyses faites, je puis dire aujourd’hui (afin de reconstituer quelque peu l’atmosphère qui y régnait) que parmi ses amis et camarades militants de l’époque l’ayant soutenu en sa qualité de principal instigateur de la dure et longue grève des mineurs de Timezrit, il y eut et sans nul doute, Abdelhamid Benzine (journaliste d’Alger Républicain ayant couvert le lock-out), Gaston Revel (instituteur et président de l’union des syndicats de Bougie, farouche adversaire d’Augarde Jacques –Maire de Bougie- et Marcel-Edmond Naegelen, ex-Gouverneur d’Algérie qui donna sa démission en 1951), Khitmane et Braham Semsadji – secrétaire général de l’union CGT du sous-sol – et Cherif Abderrahmane Djemad – originaire des Ath-Ouaghlis (1907/1985), ancien conseiller général de Bougie (1945) et député communiste élu du 2e collège en 1946 dans la 3e circonscription de Constantine- qui fut aux côtés des mineurs de Timezrit lors de la marche du 30 avril 1954.
Parmi les adversaires de Bouras Mohand Tahar, il y avait l’Ingénieur Manzanares de la S.A des mines du Zaccar à laquelle la mine de Timezrit était rattachée, Roger Léonard (Bordeaux, 1898-Paris, 1987) – Gouverneur général d’Algérie du 12 avril 1951 au 26 janvier 1955- sous lequel la longue grève eut lieu et Jacques Augarde (Agen, 1908 – Paris, 1987), Sénateur- maire de Bougie de 1947 jusqu’à l’indépendance.
Cependant, ce fut sous le mandat de Jacques Soustelle (ethnologue de formation, Gouverneur général d’Algérie de janvier 1955 à janvier 1956 et farouche partisan de l’Algérie française) que Bouras Mohand Tahar avait été mis en prison à Bossuet (ex-Daya, bourgade non loin de Sidi-Bel-Abbes dans l’ouest algérien), étant déjà populaire dans le milieu syndical et politique de l’époque, réputé pour son intransigeance quand il s’agit de justice. »
Avec mes remerciements à Claude Pennetier pour sa publication de mes travaux sur la réhabilitation de la mémoire de feu Bouras Mohand Tahar dans le dictionnaire du mouvement ouvrier. La commune de Timezrit (Béjaia) s’en souviendra.
